mardi 23 septembre 2014

La Nouvelle-Zélande élit pour la troisième fois un Premier ministre juif


Le Premier ministre néo-zélandais, John Key, fils d’une rescapée juive d’Europe, a été réélu pour la troisième fois. Key, dont la mère a fui l’Europe à l’aube de l’Holocauste, est sorti victorieux des élections de samedi avec une nette avance, lui permettant ainsi de former un gouvernement sans s’appuyer sur les membres de sa coalition...



Selon les estimations, le Parti national obtiendrait 61 sièges au parlement qui en compte 121. Grâce à sa politique économique menée d’une main de fer, il a réussi à devancer le parti de l’opposition, le Parti travailliste.
« Je suis sûre que la communauté juive se réjouira des résultats des élections d’hier », a affirmé Alison Dyson, la présidente de la Fédération juive de Nouvelle-Zélande.
« Les débats électoraux se sont concentrés sur la politique économique et les racines de John Key n’ont pas été un élément déterminant dans le vote des Juifs et des autres ».
Elle a ajouté que « par le passé, le gouvernement de John Key a montré un soutien plus important envers Israël et la communauté juive par rapport au gouvernement [travailliste] précédent, mais pendant le dernier conflit avec Gaza le département des Affaires étrangères s’est montré peu loquace et relativement mesuré lorsqu’il commentait [le conflit] ».
Même si la communauté juive, qui compte plus de 7 000 Juifs, n’a pas été autant touchée par l’antisémitisme qu’en Europe, Dyson explique : « il y a un sentiment accru d’insécurité alimenté par les manifestations pro-palestiniennes pendant les évènements de Gaza et exacerbé par la hausse de l’antisémitisme partout ailleurs ».
Pendant la campagne électorale, plusieurs panneaux électoraux ont été recouverts de graffitis antisémites. Sur l’un des panneaux dégradés, on avait dessiné un chapeau noir et des rouflaquettes sur la photo de John Key et ajouté « Menteur de juif, suceur de b*tes ».
Key, qui n’est pas pratiquant, avait expliqué, au moment des faits, qu’il s’est senti déçu pour la communauté juive. « Ils ne méritent pas d’être mêlés à une campagne qui me vise personnellement ».
A peu près à la même période, Steve Gibson, un candidat travailliste, avait posté sur Facebook un message décrivant Key : « Shonky Jonkey Shylock … a nasty little creep with a nasty evil and vindictive sneer » [Jonkey est le raccourci du nom du Premier ministre ; Shylock, une référence au Juif usurier dans la pièce de Shakespeare, Le Marchand de Venise ; une traduction possible de ce message serait : « Jonkey Shylok à qui l’on ne peut faire confiance… un sale type méchant avec un ricanement diabolique et vindicatif »].
Ce message a rapidement été effacé. Gibson a présenté ses excuses et ses propos ont été condamnés par le leader du Parti travailliste.
La victoire de Key survient quelques semaines après qu’Israël ait rejeté les lettres de créance de l’envoyé de Wellington, Jonathan Curr, décision qui avait surpris la communauté juive.
Le ministère des Affaires étrangères avait expliqué qu’il ne pouvait pas approuver la nomination de Curr car il avait aussi été accrédité auprès de l’Autorité palestinienne.

Source Times Of Israel